Fanny Mietlicki,
directrice de Bruitparif
Chanceuse Quand je suis dans un environnement bruyant, je le remarque tout de suite ! Je suis en effet plus sensible au bruit depuis que j'ai quitté Airparif pour monter Bruiparif. J'ai réalisé qu'on acceptait de subir cette nuisance, sans se mobiliser comme on peut le faire sur d'autres sujets. J'ai la chance d'habiter à la campagne, au fin fond des Yvelines, dans un environnement calme et de disposer d'un bureau individuel. Le bruit qui me gêne le plus, c'est finalement presque celui du restaurant où, souvent le soir entre amis, on ne s'entend pas parler.
Alice Debonnet-Lambert,
directrice du Centre d'information et de documentation sur le bruit (CIDB)
olérante Malgré mon activité professionnelle, je n'ai pas développé de sensibilité particulière au bruit. Je prône la tolérance et le vivre ensemble. Il ne faut pas rester replié sur soi-même, mais sortir de sa bulle et apprivoiser le bruit, la culture des autres. Le problème, c'est ce fond sonore que l'on supporte toute la journée en ville : transports, téléphones, collègues, supermarché... Au final, quand on rentre chez soi le soir, on s'en prend à son voisin. Les bruits qui me dérangent personnellement sont ceux du trafic de l'autoroute A4 que j'entends chez moi ou des scooters débridés qui tournent le soir dans le bois de Vincennes.
Bruno Vincent,
directeur d'Acoucité
Oreille avertie Le bruit peut gâcher la vie. C'est un enjeu très fort en milieu urbain. Docteur en psychologie et en acoustique, j'ai rédigé une thèse sur le sujet à la fin de mes études. Personnellement, je suis sensible à la notion de confort et de qualité de vie en général. J'ai choisi d'habiter en ville, mais dans une zone paisible. Il est sûr qu'en tant que professionnel, j'ai l'oreille avertie. Mais le bruit ne m'envahit pas. Les baladeurs que les gens écoutent dans le métro ne me gênent que rarement. Je n'en utilise pas moi-même. Je préfère rester attentif au paysage sonore qui m'entoure.
Julie Aka,
ingénieure acousticienne chez Eckea Acoustique
Prévenante Mon mari fait le même métier que moi. Nous avons la mauvaise habitude de chercher la source des bruits. Par exemple, dans une chambre d'hôtel ou au restaurant où nous allons analyser les aménagements sonores qu'il y aurait à effectuer. Quand nous cherchions notre logement en proche banlieue parisienne, j'ai consulté les cartes de bruit, outil que peu de gens connaissent. Dans le métro ou le RER, entendre la musique des autres me gêne. Mais ce qui me dérange encore plus, c'est de penser au nombre de personnes qui finiront sourdes ! Il m'est arrivé de faire une remarque à des voyageurs. Qui ne le prennent pas forcément très bien...
Brigitte Geers,
directrice générale de Cirrus France
Prévoyante J'ai toujours des bouchons d'oreilles sur moi. Je les mets par exemple pour assister à un concert de rock ou sur le tarmac d'un aéroport. Depuis que je travaille chez Cirrus, je suis sensibilisée à la gêne que peut provoquer le bruit. Quand je passe devant un chantier, je ne peux m'empêcher de regarder si les ouvriers sont protégés. Il est difficile de persuader les travailleurs de porter des protections auditives. Ils ne se rendent plus compte de la nuisance qu'ils subissent et ne réalisent pas qu'ils mettent leurs oreilles en danger.