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[Tribune] Quels types d’innovations à mener pour endiguer la crise écologique ?

[Tribune] Quels types d’innovations à mener pour endiguer la crise écologique ?
Par Stéphane Pailler, consultant senior chez Square, le 16 juillet 2020.
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Stéphane Pailler, consultant senior chez Square, revient sur deux projets récents portés par des dirigeants d’entreprises et une association afin de baisser l’empreinte carbone de la France. 

Depuis la crise sanitaire du Covid-19, les gouvernements, Think tank et autres organismes au niveau européen commencent à regarder d’un œil encore plus averti les dégâts anthropiques de l’économie actuelle sur l’environnement. Il est maintenant impensable de penser économie sans écologie si nous voulons laisser un futur vivable à nos enfants. Mais malgré le fait que certaines idées soient complémentaires ou diamétralement opposées, elles ont un point commun, celui de l’innovation. 

Prenons deux exemples de projets récents : ZEN2050 de l’EpE (Entreprises pour l’Environnement), paru en mai 2019 et mis à jour en mai dernier, qui englobe plus de 90 dirigeants d’entreprises françaises et internationales ainsi que celui du ShiftProject, paru le 6 mai, « Crise(s), climat : plan de transformation de l’économie française ». L’objectif de ces deux projets est identique : baisser l’empreinte carbone de la France. 

De l’innovation incrémentale avec une approche « top-down » 

L’EpE propose principalement des innovations incrémentales avec comme premières initiatives « la rénovation énergétique des logements et bâtiments », « le développement des mobilités décarbonées » et « l’expansion et le stockage des énergies ». Ce principe d’incrémentation ou de cumulation part du fait que le système existant est un socle solide à ne pas remettre en cause. Certaines technologies actuelles sont déjà satisfaisantes, il ne manque plus qu’à les démocratiser. Le renforcement par des investissements massifs dans la recherche pour accélérer des concepts ou technologies déjà existants, mais dit prometteurs comme « la bioéconomie » ou « l’hydrogène », confirme cette approche. L’EpE compte aussi sur des innovations participatives avec les patronats des pays européens et les pouvoirs publics pour faire évoluer les politiques européennes en proposant une réglementation adaptée à ces facteurs environnementaux. Cette démarche « top- down » met en avant des moyens financiers importants gérés par les plus grands de la place pour promouvoir et accélérer les innovations écologiques. Néanmoins, il faudra un consensus à l’échelle européenne pour faire bouger les comportements de façon significative. 

De l’innovation inclusive avec une approche « bottom-up » 

Le Shift Project propose un angle différent. « Se nourrir, se loger, se déplacer, se soigner, travailler, comprendre, échanger » sont les premiers mots évoqués montrant que l’innovation doit être avant tout inclusive pour ne laisser personne de côté. On voit dès le départ une vision démocratique se mettre en place où tous les secteurs sont étudiés dans une économie circulaire. Ces secteurs sont déclinés selon des axes politiques, économiques et environnementaux avec des mesures quantifiables afin de garder une vision systémique éco-innovatrice. Des verbes d’action tels que « réduire », « adapter », « repenser » ou encore « minimiser » montrent une vision concrète et résiliente. Les actions proposées présentent l’idée d’un système à repenser avec sobriété où l’innovation frugale a pleinement sa place. En quantifiant les besoins réels des citoyens, cela permet d’optimiser la production et l’utilisation des ressources pour faire des économies d’échelle et prendre en compte les effets rebonds. Ce cheminement « bottom-up » permet d’avoir des  fondements solides et d’envisager une vision systémique. La difficulté est de convaincre l’Etat et les collectivités d’investir et mettre en place ces initiatives. 

L’innovation sociale, le point de convergence 

Ces deux visions si éloignées soient-elles ne peuvent trouver un point de rencontre que par l’innovation sociale. En effet, elle permettra de répondre durablement à un besoin, dans le cas présent le changement de tout un système économique, pour l’ensemble de la collectivité avec une portée systémique. La solution fera consensus à la fois au sein des institutions et de la société sans que pour autant elle ne soit dirigée par une autorité. 

Grameen Bank reste un bon exemple d’innovation sociale. Cette banque spécialisée dans le micro-crédit est détenue à 97 % par ses emprunteurs et 3 % par le gouvernement du Bangladesh. Forte de ses convictions, elle a su créer une coentreprise, Grameen Danone Food Limited (GDFL) avec Danone, qui depuis 2006, fournit des produits laitiers de première nécessité à des prix accessibles pour la population locale du Bangladesh. 

Les deux approches, ascendante et descendante, se doivent d’exister et de cohabiter le temps de leur convergence. Leur fusion doit être la clé pour remettre en question les paradigmes économiques, politiques et sociaux actuels et ainsi créer cette innovation de rupture bénéfique pour tous ainsi que pour la planète.
Stéphane Pailler, consultant senior chez Square / DR
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