Entre les opérateurs qui multiplient les antennes relais et les maires qui tentent de contenir leur déploiement, l'affrontement était inévitable. « Le plus dur reste de maintenir le dialogue », confiait à la rentrée François Brottes, député de l'Isère et auteur d'un rapport sur le sujet. Fin octobre, le Conseil d'État a tranché en estimant qu'« un maire ne saurait réglementer par arrêté ces implantations », ce pouvoir appartenant au ministère et aux autorités nationales compétentes. « Mais les représentants de l'État, et notamment des agences régionales de santé, sont les grands absents des réunions publiques consacrées à ces installations », juge l'Association des maires de grandes villes de France. Le rappel à l'ordre du Conseil d'État visait trois arrêtés municipaux pris au nom du principe de précaution. Les maires n'en restent pas moins compétents en matière d'urbanisme et d'autorisation préalable à l'installation. « Leur marge de manoeuvre s'en trouve pourtant réduite », observe l'association Robin des toits, qui motive les communes concernées à faire appel de cette décision. Celle-ci intervient alors qu'à Paris le bras de fer se durcit entre la ville et les opérateurs. Elle exige qu'ils retiennent le seuil d'exposition le plus bas possible. Résultat, une rupture de la charte municipale de la téléphonie et le gel d'une trentaine de demandes d'implantation. « Mais les négociations se poursuivent et on envisage d'établir une nouvelle charte à l'attention de ceux qui le veulent », conclut-on à la municipalité.