Des pics à 202 500 équivalents-habitants au lieu d'une valeur plancher de 60 000 EH qui sera dépassée huit mois sur douze : une variation exceptionnelle de charge caractérise la nouvelle station d'épuration de l'Ehn entrée en service près d'Obernai (Bas-Rhin). Le plus célèbre des plats alsaciens en est la cause : les choucroutiers viendront écouler là leurs effluents. « Alors qu'ils se concentrent dans un rayon de 2 à 5 km, ils parcouraient jusqu'à présent 35 km en camions-citernes pour rejoindre la station de Strasbourg », souligne Anne Roth, directrice du Sivom du bassin de l'Ehn. La Lyonnaise des eaux trouve, dans ce projet de 23 millions d'euros HT, l'occasion de développer une vitrine de la gestion d'effluents spéciaux de fort volume et à haute charge organique grâce à un prétraitement par méthanisation en phase anaérobie. « Un point-clé a été la maîtrise de l'impact biologique du sel, utilisé en grande quantité pour la choucroute », souligne Anne Roth. La valorisation énergétique se veut également une référence. Deux sources de biogaz - la méthanisation en amont et la digestion des boues - se combinent pour chauffer la station et produire de l'électricité par cogénération. La Lyonnaise bénéficie de l'expérience acquise sur la station toute proche des brasseries Kronenbourg, qu'elle exploite depuis trois ans. Les eaux usées chargées de drêches et levures y génèrent 16 000 MWh de biogaz, de quoi fournir 14 % de l'énergie de la brasserie, la plus importante d'Europe. Avec l'objectif d'atteindre 18 % dans les deux ans.