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En route vers les biocarburants de 2e génération

LA RÉDACTION, LE 1er DÉCEMBRE 2011
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Dominique Dutartre, président de Procéthol 2G, n'est pas peu fier de montrer la fiole contenant les premiers millilitres sortis de son pilote de production d'éthanol de seconde génération. Couvrant 5 000 m2, il a été inauguré le 11 octobre dernier. Le fruit d'un investissement de 76,4 millions d'euros et d'un large partenariat1 vise à produire de l'éthanol, destiné aux moteurs à essence, à partir de biomasse lignocellulosique. Soit des plantes entières et non plus des fruits ou des graines, comme pour l'éthanol de première génération. Pour les chercheurs, cela signifie convertir, par un procédé biologique, des sucres à cinq atomes de carbone (hémicellulose) en éthanol, alors que cela se pratique habituellement à partir de sucres comportant six atomes de carbone, en général issus de la betterave. « Ce pilote testera différents types de biomasse : des taillis à courte ou très courte rotation, comme les peupliers ou les saules, des plantes spéciales, comme le miscanthus, ou des coproduits agricoles », précise Dominique Dutartre. Autant d'espèces qui ne nécessitent pas de pesticides ou d'herbicides pour leur production, améliorant ainsi le bilan environnemental de l'éthanol produit. Le pilote a été construit sur le site de la bioraffinerie de Bazancourt-Pomacle, dans la Marne, où la filière agricole a déjà investi un milliard d'euros et créé 1 000 emplois. Il vise à améliorer toutes les étapes du procédé développé en laboratoire. Tout d'abord le broyage, qui doit être adapté à chaque type de biomasse. Le broyat est ensuite introduit dans un réacteur pour être soumis à une hydrolyse chimique, en présence de catalyseur et sous température. Le but de ce prétraitement est de séparer les trois grands composants de la lignocellulose (la lignine, l'hémicellulose et la cellulose), car, aujourd'hui, seule la cellulose est transformable en glucose, puis en éthanol. « En fonction du type de biomasse, entre 50 et 100 % de la cellulose est accessible. Avec cette étape, nous visons 100 % de conversion », souligne Frédéric Martel, directeur de Futurol. Le coeur du procédé est la fermentation, réalisée par des champignons et des bactéries. Alors qu'il existe des entreprises spécialisées dans la fourniture d'enzymes, le projet Futurol prévoit d'intégrer la fabrication de ces enzymes au processus de production. « Cela nous permettra de maîtriser nos coûts de production, car les enzymes sont très chères », estime Dominique Dutartre. L'éthanol ainsi produit doit ensuite être séparé des autres composés lors d'une étape de purification. D'une capacité de 180 000 litres par an, ce pilote pourrait être suivi en 2015, d'un prototype industriel de 3,5 millions de litres. « La décision sera prise en 2013, en fonction des résultats du pilote », précise Frédéric Martel. Le cas échéant, il sera construit sur un site français de Tereos. Les unités industrielles, quant à elles, auraient une capacité de 500 000 à 600 000 tonnes de biomasse par an, produisant 180 millions de litres d'éthanol par an à l'horizon 2016-2020. Un des éléments décisifs sera le coût de revient : « Entre 2008 et aujourd'hui, nous avons divisé par deux le prix de revient de l'éthanol. Nous devons encore le réduire d'un facteur 2 », explique Dominique Dutartre. Les partenaires estiment le seuil de compétitivité à 0,50 euro le litre. Mais Futurol n'est pas le seul projet visant à produire de l'éthanol à partir de ressources végétales de secondes générations. Une dizaine de projets dans le monde en sont au stade du pilote avancé, notamment au Brésil, aux États-Unis, au Canada, en Suède et en Allemagne. La concurrence est rude.


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