Le dodo s'est éteint au XVIIe siècle. On ne verra plus cet étrange oiseau sur l'Île Maurice. Il reste en revanche de l'espoir pour les trente espèces végétales de la collection de plantes endémiques de cette île de l'Océan Indien que le Conservatoire botanique national de Brest, le premier créé dans le monde, constitue depuis les années 1970. L'établissement public s'est lancé dans une aventure scientifique sans équivalent : réintroduire sur leur terre d'origine ces plantes disparues du milieu naturel. « Une première expédition a apporté sur place en décembre soixante-dix spécimens de sept espèces, dont deux, Cylindrocilne lorencei et Dombeya mauritania, ont été sauvées de l'extinction grâce aux biotechnologies. Une seconde sera organisée en mars ou avril », détaille Stéphane Buord, directeur scientifique des actions internationales du Conservatoire. Le projet a débuté en 2008 par la multiplication intensive des végétaux. Il est intégralement financé par Lafarge (10 000 euros par an). Sur l'île, les scientifiques vont d'abord installer les plantes en pépinière pour acclimatation, avant de sélectionner les sites propices à la réintroduction. « L'objectif est également de transmettre notre savoir-faire à nos partenaires locaux. Nous envisageons la constitution d'un livre rouge des espèces locales menacées et d'une banque de graines », explique Stéphane Buord. Même si le Conservatoire de Brest a réussi la réintroduction de Normania triphylla à Madères en 2009, le succès n'est pas garanti. Fin du suspens dans trois ou quatre ans.