Nicolas Géant
Apiculteur urbain
Butin secret. Les abeilles sont les meilleures alliées de notre alimentation. Sans elles, il n'y aurait ni fruits ni légumes. Sauvages, elles ne se domptent pas et ne vivent pas assez longtemps pour apprendre à reconnaître la personne qui les élève. D'autant qu'en ce moment, elles ont d'autres chats à fouetter : en juin, c'est le pic d'activité dans les ruches ! Discrètes, besogneuses, elles aiment disposer d'un endroit calme et bien à elles. Quant à leur solidarité naturelle, elle fait réfléchir sur notre propre modèle social.
Yannick Martin
Responsable environnement de la ville de Saint-Prix (Val-d'Oise)
Saute-mouton. Cinq à dix moutons pâturent sur un verger et un terrain du conseil général. C'est rare dans une commune proche de Paris et cela représente une sacrée économie par rapport à l'ancienne tondeuse à moteur. Gare au surpâturage : le but n'est pas de faire de ces espaces un terrain de golf ! Même s'ils sont plutôt craintifs, je passe les voir chaque jour. Avec un petit réseau d'habitants, on note dans un cahier leurs comportements. En mars, on leur a fait traverser le centre, pour une mini-transhumance. Réintroduire l'animal en ville, un thème cher au maire qui lui consacre d'ailleurs un livre, n'est pas du folklore mais un atout en termes de biodiversité.
Sébastien Caron
Responsable scientifique à la Station d'observation et de protection des tortues et leurs milieux (Soptom)
Flair centenaire. À la suite d'un bogue des détecteurs placés sur les tortues terrestres du massif des Maures, dans le Var, on a fait appel à deux chiens pour les retrouver. Caline et Smarties, un setter et un croisé épagneul prêtés par l'Office national de la chasse, ont fait du bon boulot et très vite retrouvé les tortues égarées. Sans les blesser : au pire, ils leur ont léché le dos ! Leur flair est imparable : à effort de prospection égal sur une surface égale, ils ont été trois fois plus performants que le détecteur. En revanche, ils se fatiguent vite.
Fabrice Vanderschooten
Cocher professionnel
Pas à pas. Les deux percherons avec lesquels je travaille à Trouville, pour la collecte du tout-venant et du carton, sont de formidables compagnons de route. Affectueux, économiques, non polluants, ils se faufilent plus aisément qu'un camion dans les ruelles du centre. J'aime alterner entre le pas et le trot pour me fondre dans l'ambiance de la ville. Leur impact est aussi social : les enfants les adorent, les passants aiment les flatter et, à leur approche, les habitants se pressent pour sortir les poubelles !
Jean-François Brault
Fauconnier effaroucheur, fondateur de l'entreprise À tir d'ailes
Atomes crochus. J'ai cinq buses et faucons : Jack, Gotham, Xena, Neica et Agache. Je les utilise pour effaroucher des volatiles indésirables dans des milieux parfois improbables : au-dessus d'usines, pour le compte d'entreprises, ou d'églises, pour des collectivités. Entre le rapace et son maître, la confiance est essentielle. Il faut un mois pour en lâcher un et qu'il revienne à vous, mais deux ans pour maîtriser l'effarouchement. Je les fais voler chaque jour et les pèse, car leur poids détermine leur hauteur de vol. Les mâles sont parfaits pour effrayer les étourneaux, les femelles, plus imposantes, pour les goélands. Leur défaut ? Elles sont plus chasseuses et donc plus possessives.