Après plus de 1 500 vols expérimentaux alimentés au kérosène d'origine végétale, l'aéro-nau tique passe aux choses sérieuses. Le programme de recherche Probio3, qui démarre, veut faire évoluer la filière de la recherche à l'industrialisation. L'objectif est la certification de ces carburants par l'ASTM, l'organisme de normalisation international. Pour y parvenir, Probio3 dispose des fonds nécessaires (24,6 millions d'euros), du temps (huit ans) et de l'expertise de seize partenaires, dont l'Inra, Airbus, EADS, Tereos, Sofiproteol, IFP EN, etc. « En cinq ans de recherche, nous avons déjà obtenu des résultats intéressants », confirme Yohan Allouche, responsable des programmes de recherche sur les nouveaux carburants chez Airbus. La première thèse sur ce sujet remonte à 2005, suivie de deux projets, dont AlfaBird qui s'est terminé en juillet. Probio3, soutenu au titre des Investissements d'avenir, doit identifier les ressources renouvelables agricoles non alimentaires qui seront transformées par des micro-organismes en lipides, puis en kérosène. Plusieurs souches naturelles de bactéries et de levures seront testées. « Un démonstrateur de plusieurs mètres cubes sera construit, fin 2013, chez Tereos », précise Yohan Allouche . Un bilan technico-économique, à trois ans, décidera de la poursuite du projet vers un démonstrateur. Un deuxième « Go-no go » est prévu à six ans. Probio3 vient compléter le dispositif de recherche sur les biocarburants, qui compte déjà le projet Futurol, pour la production de bioéthanol, et BioTfuel, pour celle de bio-gazole et de biokérosène par voies chimiques.