Pilote Les hydroliennes sont faciles à classer : en Sur le marché fonction de leur axe, horizontal ou vertical. Les sys tèmes les plus avancés sont les turbines à axe horizontal. La première génération de Marine Current Turbine Ltd a été rac cordée au réseau en 2008 en Irlande du Nord. D'une puis sance de 1,2 MW, elle est ancrée sur pieux et émerge de l'eau, ce qui peut poser des problèmes pour la navigation. En revanche, sa maintenance est très aisée.
En France, les projets les plus avancés en mer (Sabella, DCNS, Alstom) utilisent des axes ver ticaux et sont posés sur le fond marin. La machine d'Open Hydro (50 tonnes) est lestée par un tripode de 800 tonnes. « Cela permet de ne pas creuser les fonds marins, ce qui est un atout économique et éco lo-gique », relève EDF.
Le nombre de pales varie de 2 à 10. En règle générale, moins elles sont nombreuses et plus l'hydro lienne tourne vite. Or, une rota tion rapide engendre du bruit et représente un danger pour la biodiversité.
L'hydrolienne d'Open Hydro compte de nombreuses pales et tourne lentement (10 tours/min), même à plein régime. Sa tech nologie est particulière : elle est évidée au centre (ce qui laisse également passer la faune) et tourne sur une couche d'eau de mer au lieu d'utiliser un lubri fiant. L'énergie des courants est récupérée par le stator situé à la périphérie, comme pour l'hydrolienne Beluga d'Alstom. Ce dernier teste également l'effet Venturi en utilisant un carénage en entrée et en sortie. D'une puissance de 1 MW, les premiers tests sont prévus pour 2013 au Canada.
Actuellement, les démonstra teurs marins ont une puissance de 500 kW à 1 MW et un dia mètre de 10 à 20 m. Tous en sont à l'étape préindustrielle. La taille finale sera fonction de la bathy métrie, des usages liés à la pêche et de la houle. « La houle est plus dommageable que le courant. Elle provoque une accélération et une décélération permanente. Les grandes hydroliennes en souffrent le plus », analyse JeanFrançois Daviau, PDG de Sabella, dont la D10 (10 m de diamètre, 500 kW) doit être mise à l'eau à Ouessant au printemps 2013.
Les hydroliennes à axes verti caux et flux transverse ont un rendement plus faible, mais sont orientables dans le courant. Elles sont surtout utilisées dans le flu vial, car elles peuvent se satis faire d'une faible profondeur d'eau. L'Institut national poly technique de Grenoble travaille sur un projet (Harvest), de même que la PME Hydroquest, qui sera la première à tester sa machine sur la plateforme bor delaise, Seeneoh, destinée aux petites puissances (10 à 50 kW). « La machine travaille sur deux axes verticaux. Le système est modulaire, empilable, ce qui facilitera la fabrication en série et diminuera son coût », souligne son promoteur, JeanFrançois Simon, qui vise surtout l'export auprès des pays émergents et des sites isolés. Son ancrage se fera sur pieux ou sur une structure flottante. L'impact sur la biodi versité n'a pas encore été étudié in situ, mais sera sans doute moins important qu'un barrage hydraulique.
D'autres projets sont au stade de recherche : BluStream, par exemple, est composé de deux tuyères divergentes, soli darisées par un bras de liaison, capables de s'orienter automa tiquement dans le sens du cou rant. Enfin, certains sont au stade conceptuel : c'est le cas de l'hélice d'Archimède, du cerf volant ou du batteur oscillant, tel une queue de baleine sous l'eau. Une thèse financée par l'Ifremer et l'Ademe est en cours sur ce dernier.