La Maison de la bio des Côtes-d'Armor, qui regroupe distribu teurs et associations de consom mateurs, accompagne depuis longtemps les collectivités dans la maîtrise de leurs coûts. « Alors que nous travaillions déjà avec des collectivités pour améliorer leurs approvisionnements, des ren contres avec des producteurs se sont assez naturellement orga nisées, raconte Agathe Perrin, chargée de mission. Les col lec ti vités ont vu très vite l'intérêt d'acheter en semble. » D'ailleurs, à l'instar de Lannion-Trégor agglo mération (LTA), la commu nauté d'agglomération de Saint-Brieuc lancera son grou pement de com mandes bio en 2013. Au départ, « LTA voulait encourager les agriculteurs locaux à produire bio et les accompagner dans leur conversion », ex plique Dolorès Réguer, responsable achats de la ville de Lannion.
La part du bio représente aujourd'hui environ un tiers du menu des écoliers de la région (le pain, les fruits et légumes sont bio, ainsi que la moitié des féculents et des produits laitiers). Le prix du repas est inchangé et le gaspillage a diminué de 15 %. Et l'expérience de LTA, dont le groupement comprend 17 membres (dont deux lycées publics et la caisse des écoles), intéresse nombre de collectivités, jusqu'à Lille Métropole. En tant que coordonnateur du groupe ment, la ville de Lannion s'oc cupe du cahier des charges des marchés publics, des livraisons, des réunions. « Les collectivités ne commandent évidemment pas les mêmes volumes, et ne sont pas intéressées par les mêmes lots. Ce système est avantageux pour les petites communes, car cela leur permet de bénéficier de tarifs avantageux, sans minimum de commande. Quant aux fournis seurs, ils y gagnent sur les frais », poursuit Dolorès Réguer. Mais, comme il s'agit, en général, de gros appels d'offres, il peut être « difficile d'avoir recours à des producteurs du coin », souligne-t-elle. Deux collectivités viennent ainsi de quitter le groupement au profit de producteurs bio locaux… Car, « une fois que les élèves, et leurs parents, sont habi tués au bio, il est difficile de reve nir en arrière », estime-t-elle.
Thierry Garnier, responsa ble de la restauration scolaire à Lannion, l'assure : « Tout le monde est gagnant : les circuits sont courts, donc les produits sont plus frais et cela crée des emplois dans la région. » Autre aspect à ne pas négliger, celui des réunions du groupement. « Nous nous retrouvons trois à quatre fois par an. Cela permet les échanges entre cuisiniers et de rencontrer les élus impliqués », ajoute-t-il.