Six ans seulement après son ouverture (lire EM n° 1647, p. 10), le Bioscope d'Ungersheim (Haut-Rhin) a fermé ses portes le 30 septembre. Le scénario semblait écrit d'avance, tant ce parc à thème a échoué à trouver son identité, entraînant rapidement la désaffection du public – une moyenne de 85 000 entrées par an contre un objectif de 300 000 – et les pertes qui vont avec :28 millions d'euros cumulés.
Ce thème, quel est-il ? La réponse ne fuse pas spontanément, et c'est surtout là que le bât blesse. La définition du Bioscope a oscillé entre « monde de l'équilibre », interaction entre l'Homme et l'environnement, équilibres de l'homme (sommeil, rêves…) et équilibre de l'environnement (écosystème, milieux extrêmes, pollutions…), parcours de sensibilisation aux questions de bien-être, etc. L'exploitant, une filiale de la Compagnie des Alpes (groupe Caisse des dépôts), était de surcroît prié par les collectivités locales d'inventer un autre équilibre, entre contenu ludique et pédagogique. Mais d'incontestables améliorations n'ont pas compensé le handicap de départ. « Le Bioscope ne devait ressembler à aucun autre parc, selon ses promoteurs. En fait, il n'a ressemblé à rien », assène l'élue locale écologiste Djamila Sonzogni. Porteur du projet, le Syndicat mixte du Bioscope, qui réunit la Région Alsace et le conseil général du Haut-Rhin, doit reconnaître que « le concept même, le dimensionnement et une localisation inadaptée n'ont pas permis de trouver un public suffisamment nombreux ».
Autre facteur pénalisant :les collectivités, qui en ont eu l'idée et y ont investi 27 millions d'euros, ont mis près de quinze ans à faire sortir de terre le Bioscope, le temps de trouver un exploitant et un site.